Sucrerire* du soir, bonsoir
Ecrire, ce sera mon petit bonbon de ce soir. Je me suis achetée (trop cher) une cagoule de ski bleu marine en pilou-pilou avec de petites oreilles. Je suis un ours bleu. J'ai cédé, j'assume difficilement mon caillou de crâne loin de L. et de son ter-ter et puis... quoi, j'avais envie de m'enrober dans un truc doux et épais.
La formation n'est pas simple et que de temps je passe assise... Je me levais plus fréquemment à mon ancien travail. Pour rien, souvent pour rien mais au moins je me levais. Mais là, depuis plus d'une semaine que j'ai l'impression de sentir mon muscle fondre, je me répète que ça n'est ainsi que pour une année, une seule petite année. Qu'ensuite je reprendrai le cirque pour en faire autant que je voudrai. Qu'ensuite je ferai le métier dont je ponce les oreilles de mes proches depuis des années. Que c'est "pour la bonne cause", pour moi et les autres. Je n'ai jamais été aussi convaincue par les missions des bibliothèques et j'adore me voir, aussi naïf que cela puisse paraître, comme une Gardienne du Savoir. Je me sens faire partie d'une armée secrète et pacifique. Bref, c'est un imaginaire qui baigne dans le chloroforme mais qui me porte (sans m'appeler pour autant ! Jusqu'à maintenant, les bibliothèques bois-moulures ne m'ont jamais très donné envie d'y travailler...)
En attendant, je vais à la salle avec D., mon voisin, et j'y retourne demain matin pour la quatrième fois de la semaine, le quatrième matin. Cela me donne du souffle pour la journée, à chaque fois j'oublie le bien que j'éprouve en étant en mouvement, je m'en rappelle quand je reprends la course, le cirque, la salle, le vélo et que je sors épuisée mais dopée à je-ne-sais-plus-quelle-hormone. Sur le tapis de course, je me suis surprise à rêver de montagnes à voix haute, "Ah, j'aimerais faire de la randonnée" et du kayak avec L., du vélo près de l'eau. A la place, j'ai soulevé un peu plus lourd dans un exercice en 3 x 10 car j'ai là encore pensé tout haut devant D. qui, amusé, m'a tendu deux altères en me disant "Fallait pas dire ça, fallait pas dire que c'était pas si lourd !" C'est donc devenu lourd à soulever, je ne faisais plus la maline mais j'ai bien rigolé.
Alors ma vie n'est pas simple car les sous ne bourgeonnent pas sur les arbres mais je fais les études qui me plaisent et auxquelles je rêvais sans trop y croire depuis 6 ans voire plus.
*Je voulais écrire "Sucrerie" mais je préfère mon néologisme mignon, je le laisse.
Petits cailloux •• •
- Pierre Bourdieu, une sociologie à l'écoute, Radio France, 1977